Quand le Calvados part à la rencontre de la Seine-Maritime

Ayant eu vent, il y a peu de temps, de l'existence d'une association identique à la notre : "Art Religieux en Seine-Maritime", nous l'avons contactée. Leur président nous a donc convié à venir les voir travailler le jeudi 12 mars en l'église de Gonfreville-L'Orcher. Entre différences et ressemblances, voici un petit compte-rendu de notre visite !

L'association «Art Religieux en Seine-Maritime» existe depuis 1972. 600 inventaires environ ont été faits depuis cette époque (il y en aurait un peu plus de 1000 à faire dans le département). Elle n'est financée que par le soutien des particuliers qui le souhaitent (une centaine d'adhérents) et une petite subvention du Conseil général de Seine-Maritime. C'est bien peu et ça ne leur permet pas d'avoir un salarié pour effectuer les taches de reprises d'inventaire. Voyons donc leur fonctionnement …

La Manche a eu l'abbé Lelégard, le Calvados a eu Jacques Pougheol, la Seine-Maritime, elle, avait l'abbé Coulon. Ce dernier a fondé l'association et commencé l'inventaire des objets remarquables des églises de Seine-Martime. Comme nous le faisons avec les fiches de Jacques Pougheol, ses fiches et ses photos sont réutilisées. Seulement, il n'y a pas de moment de lecture commune avant que chacun commence à travailler, ceux qui en ont besoin le consultent simplement.

 

Comme nous, les bénévoles de l'association se donnent rendez-vous à un lieu donné. Ils travaillent un jeudi sur deux et inventorient une église par jeudi.

Une des bénévoles, Anouk, est chargée d'apporter du café, du thé et fait un délicieux cake aux fruits confits, gâteau traditionnel des inventaires ! Ils commencent donc toujours leur journée par un moment de convivialité.

Ensuite, chacun sait ce qu'il doit faire et s'installe au travail ! Deux tables sont dressées dans le choeur pour que les bénévoles-orfèvrerie et autres objets en métal soient bien installés. Cela prend peut-être un peu de place mais permet de ne pas s'établir sur l'autel !

 

Dans la sacristie (car il y avait peu d'objets dans l'église de Gonfreville ...), les femmes (ça, c'est une constante interdépartementale !!!) s'affairent autour de la paramentique. Une fois l'objet décrit, elles inscrivent un numéro d'inventaire sur l'étiquette ou un petit coin discret du revers...

Un groupe s'occupe de faire le tour du mobilier de l'église (statues, meubles, autels, ...), un autre s'attarde sur les vitraux. Lors de notre venue, une restauratrice de vitraux récemment établie au Havre aidait les bénévoles et attirait leur attention sur l'état sanitaire des verrières, expliquant les causes des divers problèmes. Nous l'avons invitée à venir dans le Calvados nous initier également.

Une personne est responsable de faire les photos des objets de l'église, une autre des objets de la sacristie. Petite différence avec nous : les appareils photos sont les appareils personnels des bénévoles.

 

Photos prises dans l'église, prises dans l'ordre d'apparition des fiches dans le dossier final

Photos des objets de sacristie, placés près d'un petit carton portant un numéro,
numéro précédemment noté sur la fiche et qui permet de retrouver l'objet
 
 
Petite idée pratique et intéressante pour présenter les textiles : se servir de la porte de sacristie !
 
 
La pause de midi se fait dans un restaurant proche du lieu d'inventaire (petite précision pour faire rêver les bénévoles calvadosiens !!!) et en fonction de la quantité de travail dans l'église, l'après-midi est plus ou moins long !
 
 
Une fois l'inventaire terminé, les bénévoles rentrent chez eux avec leurs fiches, les retranscrivent au propre sur ordinateur en faisant des recherches quand c'est nécessaire, puis envoient le fichier constitué au président qui effectue un travail de lissage. Un travail de relecture est ensuite fait.
 
Le document est imprimé, relié et proposé aux communes grâce à un bon de commande. Les communes qui le souhaitent achètent donc leur inventaire et participent ainsi à la vie de l'association.

 

Sur le travail, nos associations sont assez proches :

- la démarche de demande est faite par la commune

- les bénévoles travaillent par petits groupes et de manière conviviale

- un bilan écrit est envoyé aux mairies juste après l'inventaire

 

Mais sur la manière de fonctionner, il y a de nombreuses différences :

- pas de visites préparatoires pour effectuer l'inventaire. Il est donc impossible de prévoir 2 églises par journée car c'est toujours la surprise !

- les communes n'effectuent pas le travail de préparation de l'inventaire, c'est l'association qui sortent les objets en arrivant, ce temps de préparation est donc à décompter du temps d'inventaire et de la fatigue des bénévoles.

- l'inventaire est réellement exhaustif : les vêtements XXème même les plus simples sont inventoriés, de même que les chaises modernes.

- pas de bilan oral de fin d'inventaire montrant les trouvailles de chacun, ni de tour de l'église avec les autorités municipales pour pointer les problèmes de l'édifice.

- Si la commune ne souhaite pas acheter son inventaire, elle ne l'a pas.

- Les bénévoles effectuent le travail de A à Z, pas de permanent.

- Pas de base de données, donc pas de recherches croisées faciles à effectuer.

- Le lien avec le Conseil général est très lointain, l'exploitation scientifique des données par la conservation des Antiquités et Objets d'art de Seine-Maritime sans doute moins fréquente.

- Le budget est très serré.

- Un voyage d'étude est organisé chaque année pour les bénévoles ou simples membres non actifs qui le souhaitent.

 

Nous avons invité les membres d'»Art Religieux en Seine-Maritime» qui le souhaitent à participer à un de nos inventaires 2015 pour que l'échange soit complet et enrichissant dans les deux sens ! Affaire à suivre donc !